C’est mon plan, ma bataille…

Run…Il faut pas que j’défaille oh oh oh ! ♫

Sur l’air d’une célèbre mélopée, que vous avez sûrement reconnue, je vais vous parler de plan d’entrainement. Aah vaste sujet que le plan. Synonyme de torture ou de contrainte pour certains, il est structure de travail pour d’autres. En ce qui me concerne, je fais partie de la deuxième catégorie.

Les fondamentaux

Déjà si pour vous «  20′ EF + VMA 100 2 x 5 x 400 r=1′ R=3′ + RC 10′  » s’apparente à du cyrillique ou à une formule mathématique complexe pour runners de génie se nourrissant de la substantifique moelle du run, c’est que vous n’avez jamais eu affaire avec un plan d’entrainement. Il n’y a rien de bien compliqué, laissez-moi vous vulgariser tout ça !

1. Pendant 20 minutes vous courez tranquillement (endurance fondamentale) en matant les jolies gonzesses/beaux mecs que vous croisez. La foulée est belle, légère, aérienne, vous dominez le monde avec votre belle allure de runner tout en facilité,

2. Quand vous êtes bien chaud de partout, vous vous  lancez dans une première série de cinq 400 mètres à votre vitesse maximale aérobie. Entre chaque 400 vous récupérez durant une minute. Votre récupération est active (en trottinant) ou passive (à l’arrêt ou en marchant) mais quoiqu’il en soit vous essayez de rester digne devant les filles/mecs qui passent et vous matent à leur tour avec un rictus malicieux. Cette première série vous a un peu émoussé mais c’est pas 2km à fond qui vont avoir raison de votre image ! D’ailleurs…

3. Vous récupérez pendant 3 mn.  Vous vous sentez bien, votre souffle est revenu. Ils sont où les 400 hein, ils sont où ? Vous êtes prêts à leur botter les fesses. Serveur, la suite !

4. Dès le premier 400 de votre deuxième série de 5 vous sentez que ça va être dur, très dur. La minute de récup’ vous semble beaucoup plus courte, genre 15 secondes. Vous êtes en récupération agonisante et le décompte de votre Garmin vous rappelle que vous repartez dans moins de cinq secondes… A la fin du deuxième 400 vous vous demandez ce que vous fichez dans cette galère, et le temps que vous vous disiez « Plus que 3 ! » votre satanée Garmin vous annonce qu’il faut repartir… Déjà. Les trois derniers 400 se terminent au mental, votre FCM n’est pas loin et vous ne ressemblez plus à rien. Le runner pimpant et souriant du début n’est plus, il s’est transformé en une masse musculaire endolorie au faciès écarlate et dégoulinant de transpiration. Le regard d’autrui est devenu compatissant, voire plein de pitié. Vous pouvez y lire « La/le pauvre comme il doit souffrir… » ou  encore « Pourquoi s’infliger une telle souffrance? Il/elle est proche de la crise cardiaque ! »

5. Pendant vos 10 minutes de récupération vous essayer de retrouver visage humain mais vous sentez bien que ce n’est pas pour tout de suite. Faudra voir ça après la douche. Néanmoins, vous rejoignez vos pénates avec la satisfaction du travail accompli. Un léger sourire se dessine sur votre visage. Tout cela fera de vous un coureur encore meilleur au départ de votre prochaine course.

Pensées de runner

Pensées de runner

Les avantages

Pour ma part suivre un plan d’entrainement a de nombreux avantages. Il me permet tout d’abord d’avoir une vision complète de ce que je vais faire durant la semaine. Un peu comme quand je vais au restaurant et que je salive devant le menu. J’aime savoir ce que je vais manger et je prends beaucoup de plaisir à choisir mes plats.

Ensuite, je peux programmer et balayer toutes mes allures de travail sur la semaine (EF, seuil, VMA, sortie longue…) en adaptant mes séances selon l’objectif à atteindre. Je ne ferai pas le même type de travail selon que je prépare un 10 km ou un semi, c’est évident.

Je vais par exemple, dès le 12 août, commencer un plan d’entraînement sur 8 semaines qui m’emmènera sur mon second semi-marathon le 6 octobre prochain. Entre-temps, j’ai une course de 10 km en objectif intermédiaire le 7 septembre. Je vais donc adapter la première partie de mon plan en fonction de ce prochain rendez-vous.

De plus, avoir un plan d’entrainement, me motive physiquement et moralement. Il me permet aussi de faire un suivi précis du travail à faire et d’avoir un regard analytique sur le travail effectué.

Finalement…

Au fur et à mesure de l’expérience acquise et des conseils de coureurs plus expérimentés, on affine ses plans d’entrainement, on se pose plus de questions sur la pertinence d’une séance par rapport à une autre selon les bénéfices à en tirer « Une séance de côtes m’apportera plus qu’un 6x1000m pour ma prochaine course ».

Voilà toutes les raisons pour lesquelles je suis un fervent adepte du plan d’entrainement. Et je remarque d’ailleurs que je prends autant de plaisir à le concevoir qu’à le suivre.

Et vous ? Etes-vous plutôt plan de bataille ou improvisation-feeling ?

RodRunner