Cinéma et course à pied, je t’aime moi non plus.

Chariots of Fire…22h45, générique ! Je suis là assis dans mon fauteuil, les yeux rivés sur l’immense écran du multiplexe Kinépolis. Sans pop-corn, ni bonbons et encore moins de stupides lunettes 3D (gadgets permettant à mon sens d’augmenter de manière exponentielle la rentabilité d’un film), je regarde le générique de fin. Je viens de voir « Oblivion » le dernier film avec Tom Cruise.  Je suis moyennement satisfait par ce que je viens de voir durant près de deux heures. Certes, le contrat est rempli pour l’amateur de cinéma de genre que je suis. Des effets spéciaux bien réalisés, un univers futuriste apocalyptique, des scènes d’action maitrisées, quelques plans superbes, mais malgré tout la promesse scénaristique est loin d’être tenue. Ce film m’a perdu après la première heure à cause d’un événement particulier (pas de « spoil » ne vous inquiétez pas) lui faisant perdre beaucoup d’intensité.  Finalement, on n’est plus « dedans »… Mais si, vous savez ces instants délicieux où vous vivez chaque minute du film en vous rongeant les ongles ou en regardant rapidement votre montre en vous disant « chouette il reste encore une heure à mater ». Bref…

Alors quel est le lien avec la course à pied me direz-vous ? Eh bien pendant ces quelques minutes où j’ai vu défiler le nombre impressionnant de personnes qui ont œuvré à la création de ce film, je me suis posé une question : Aujourd’hui un film sur la course à pied remplirait-il une salle ? Serais-je prêt à débourser entre 6 et 10 € pour voir un film abordant cette thématique ? Pas si sûr. De nos jours, on se rue au cinéma surtout pour aller voir des super-héros en tout genre, avec des pouvoirs extraordinaires sauvant le monde à coups de poings, à l’aide de gadgets ingénieux, en flinguant à tout-va, en volant à la vitesse de l’éclair ou en effectuant des sauts stratosphériques. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, les sommets des box-offices sont trustés par ce genre de films.
Mais qu’en est-il de ces héros anonymes martelant bitume et chemins, repoussant chaque jour un peu plus leurs limites ? Le constat est amer, ceux-là ne font plus rêver les foules et en cherchant un peu dans l’Histoire cinématographique, les films traitant de près ou de loin de la course à pied sont rares. Deux exemples me viennent à l’esprit, même s’il en existe d’autres : Les Chariots de feux (Oscar et BAFTA du meilleur film en 1982) avec la fameuse séquence au ralenti sur la sublime musique de Vangélis, et Forrest Gump avec son célèbre « Cours Forrest, cours! » (6 Oscars en 1995) . Ces deux films, même si le running n’est pas le thème principal de Forrest Gump, restent pour moi les deux seuls succès public et critique au cinéma. Hormis ces deux films (si vous avez d’autres exemples je suis preneur, je ne prétends pas avoir la science infuse hein…Et Running Man ça ne compte pas !), le cinéma traite de la course à pied de manière très ponctuelle, ou en accolant le plus souvent le mot « course » au mot « poursuite ». Ce petit film ci-dessous (/!\ FlashPlayer nécessaire) très intéressant réalisé par Nicolas SARKISSIAN, nous montre comment les plus grands réalisateurs ont  exploité la course à pied dans leurs œuvres :

Alors que reste-t-il à ceux qui ont envie de voir de fabuleuses histoires de course à pied, d’hommes jonglant sans cesse avec le dépassement de soi dans des décors naturels n’ayant rien à envier au « tout numérique » des studios hollywoodiens ? Il reste Internet (YouTube) et le marché du DVD pour apprécier le travail de quelques réalisateurs de documentaires passionnés par la course à pied.  Je pense à Niobe Thompson (Sommes-nous faits pour courir ?), Summits of my life de et avec K. Jornet ou encore Casa Dei et son documentaire « Course à Pied » diffusé il y a peu sur France Télévisions. Et j’en passe…

Romancer le running (et le sport en général) pour attirer le chaland dans les salles obscures n’est pas chose aisée et c’est un risque que les studios sont peu enclins à prendre. Ils recherchent avant tout la rentabilité. Mais le running en a t-il fondamentalement besoin ? S’il peut faire rêver par le biais des performances de quelques athlètes hors normes ou de lieux à la beauté indicible couchés sur pellicule, ce sport a ceci de particulier que pour vivre ces merveilleux instants le spectateur n’a besoin que d’une paire de running et d’un brin de volonté pour à son tour se transformer en acteur et créer son histoire.  Et puis il y a toujours près de chez soi un endroit magnifique qu’on ne peut atteindre qu’en courant ou en marchant « Pardon ?… Oui en VTT aussi mais c’est pas le sujet ! »

Bon, je vous laisse, ça fait trois jours que j’essaye de trouver de l’adamantium sur la toile, impossible d’en trouver. C’est pour recréer une expérience que j’ai vue au cinéma. Comment qu’y fait Wolverine nomdidiou ?

RodRunner