Déboulé de la Bergamote, la course contre les temps

LDB-2013-Affiche-HD-605px6e… 6e dossard que j’épingle depuis le début de l’année et plus globalement sur l’ensemble de ma carrière de runner.

J’ai appris beaucoup de choses en six courses officielles et j’en apprendrai sûrement davantage lors des prochaines.
Lorsque l’on s’aligne au départ d’une compétition on se pose beaucoup de questions avant et après. Avant, c’est surtout un questionnement porté sur les difficultés risquant de nous freiner dans la réalisation de nos objectifs. Il porte principalement sur notre état psychologique, notre mental et la réponse du corps lors de l’effort que l’on va lui imposer. Ce questionnement est souvent basé sur ces incertitudes qui jalonnent le parcours de tout coureur à pied. Même si une préparation solide a été faite en amont et nous permet de nous aligner sur la ligne de départ dans les meilleures conditions, ces questions sont toujours présentes. Elles résultent de la non-maitrise de certains paramètres que sont la fraicheur physique du moment, le risque de blessure, les conditions météo, les conditions et profil de course...
Le questionnement post-compétition permet quant à lui d’apporter des réponses claires et précises grâce à l’analyse de tous les paramètres rencontrés en course. Toutes ces questions amènent des réponses qui nous serviront à forger une solide expérience et à mieux appréhender certaines difficultés rencontrées grâce à un travail sur soi (physique ou mental). Ces réflexions permettront d’aborder les compétitions futures plus confiant et encore mieux préparé mentalement et physiquement. De novice, le coureur devient au fur et à mesure expérimenté, avisé et laisse de moins en moins de place au hasard en étant mieux préparé. De plus…

PAN ! Le départ est donné et m’arrache à mes réflexions. Mince, j’étais si bien dans ma tête à me poser plein de questions…

Il est 18h30, je suis place Stanislas à Nancy parmi 600 coureurs qui se lancent comme des dératés à l’assaut d’une course de 11 kilomètres (oui ce n’est plus 10 et j’y reviendrai plus tard). Sous les regards amusés/interloqués/admiratifs des badauds attablés aux terrasses devant un petit rafraichissement, une meute de runners s’élance sous un soleil encore bien présent et une température proche des 27°C.  Quelques minutes plus tôt j’ai, comme d’habitude, lancé un court échauffement. La chaleur aidant il fut encore plus court et mon hydratation plus importante. Surtout que la veille… Ah la veille… – Tu vas y revenir plus tard c’est ça ? – Ouais, pourquoi ? ça te dérange ? – C’est juste que c’est relou à la fin… – Silence !! Je reprends.

Chaleur = hydratation

Chaleur = hydratation

Pour l’instant je suis dans ma course, il me faut valider l’objectif qui se refuse à moi depuis près d’un mois : passer cette satanée barrière des 50 minutes sur 10 kilomètres. Cette course en faisant quasiment un de plus, je pars sur un rythme de 4’55/km histoire d’assurer le coup et de tenir la distance. La chaleur va être un paramètre très important et je sens que ca va être difficile… Très difficile. Le premier kilomètre est bouclé en 5 minutes et ce malgré de nombreux zig-zags, relances, dépassements sur les bas-côtés… Je suis plutôt bien au niveau cardiaque avec un 88% FCM. Je maintiens le rythme et la FC sur les 5 premiers kilomètres. Tout va bien !

Capture d’écran 2013-06-09 à 14.47.51

Le scénario est idéal me direz-vous et bien détrompez-vous ! C’est au sixième kilomètre que commence ce que l’on appelle le chemin de croix, le coup de pompe, le trou noir, le phénomène bien connu des jambes coupées à qui l’on parle mais qui n’avancent plus. A cela deux coupables mes chers lecteurs. En numéro un je place la chaleur. Cette dernière commence à avoir un effet dévastateur sur ma gestion de course idéale et je le sens au passage du premier ravitaillement au cours duquel je m’asperge puis bois deux grandes gorgées d’eau. Autant le palpitant se comporte bien, autant je sens mon corps s’abandonner à la fatigue au fur et à mesure des kilometres. Il n’y a plus de répondant, les relances se font difficilement, mon allure baisse inexorablement, les muscles se font raides et je transpire abondamment. Bref, il va me falloir limiter la casse et faire le reste au mental.
C’est bien beau tout ça mais quel est le deuxième coupable vous demandez-vous ? Eh bien l’alcool mes chers amis ! Oui cela n’est pas sérieux, oui je joue avec le feu en courant le lendemain d’une soirée un peu trop arrosée, mais fêter son anniversaire avec ses amis et ses proches n’arrive qu’une fois par an. Et mon anniversaire est tombé cette semaine, hasard du calendrier. Des courses il y en aura d’autres après tout. Et puis j’ai été gâté donc ca valait le coup !

Alors je ne vais pas vous faire le listing des effets néfastes de l’alcool sur notre organisme, vous trouverez toutes les informations nécessaires sur l’excellent article du non-moins excellent Greg runner. Mais rajoutez tout ceci à la chaleur et vous comprendrez mon désarroi alors qu’il me reste près de 5 kilometres à parcourir. Les chiffres parlant parfois mieux que les mots… Appréciez.

Capture d’écran 2013-06-09 à 15.15.59

 Une torture vous dis-je ! Une lente agonie jusqu’à la ligne d’arrivée que je franchis à la montre en 54’02 » pour une distance de 10,65 km. Ma moyenne étant de 5.05mn/km je fais donc un petit 50’50 » aux 10 kilomètres. Rageant ! Cette fois c’est sûr, à l’inverse des Foulées de Madine où ma Garmin m’annonçait un chrono à 49’32, le contrat n’est pas rempli. Oui mais…

Qu’en est-il du temps officiel ? Le juge de paix. La seule référence qui doit être prise en considération lorsque l’on fait de la compétition. Eh bien le classement officiel me place 185e/584 ce qui n’est pas si horrible que ça, et m’annonce que le parcours fait 11km ! (0_0 ) Alors ou ma Garmin déraille sérieusement et il va falloir que j’appelle le SAV illico, ou les organisateurs se sont trompés dans la mesure de leur tracé. Eternel débat me direz vous. Mais quand même, 350 mètres de différence c’est pas rien !  Donc voilà ce que m’annonce le classement officiel :

11 kilomètres donc...

Classement officiel

Ainsi, un 11 km terminé en 54’04 » à une vitesse de 12,21 km/h me donne un 10 km parcouru en 49’08 soit une allure de 4’54 » au kilo. Aurais-je rêvé ma souffrance? Garmin cherchait-il à me démotiver à partir du 6e kilomètre en m’annonçant des chiffres aberrants ? Au final, je me dis que dans l’un ou l’autre cas je suis gagnant. Que ce soit à la Garmin (Foulées de Madine) ou au classement officiel sur cette course, j’ai été sous les 50 mn au 10 kilomètres. Ne me reste plus qu’à mettre les deux d’accord en même temps lors de mon prochain 10 km en septembre au Luxembourg. Mais il est temps pour moi de prendre un peu de repos.

Que ce soit au chrono ou en température, avec les coureurs les temps sont parfois durs…

Arrivée

A l’arrivée, avec une dédicace spéciale au Grand Gou