La corrida pédestre de Montigny-lès-Metz : Olé !

« Olé ! ». Oui la première fois que j’ai entendu le nom de ce type de course je me suis dit: « C’est quoi le projet ? Ils lâchent des taureaux belliqueux et assoiffés de sang cinq minutes après le départ des runners ? » Remarquez ça pourrait être un concept pour améliorer  les chronos de manière significative. « Putain cours Jean-Gui’, y’a l’bull juste derrière nous !! »,  oui faudrait cavaler pour ne pas finir embroché sur l’une des cornes acérées de « Béber des Enfers », nom délicat du taureau sanguinaire donné par son propriétaire.

BéberDesEnfers

BéberDesEnfers

Imaginez la dose d’adrénaline parcourant l’ensemble de votre corps et de votre système nerveux alors que vous sentez le souffle chaud et la course massive de Béber juste dans votre dos. Bien sûr, vous ne vous retournez pas, courant comme vous ne l’avez jamais fait, votre esprit bien trop préoccupé à sauver votre vie et votre postérieur des ravages du déferlement de coups du gentil Béber et de ses 550 kilos de muscles. Pour Béber tout cela n’est qu’un jeu, il vous invite à prendre du plaisir avec lui. « Viens jouer avec moi ! » semble-t-il vous dire dans un grognement bestial. Mais du fond de votre être, de votre raison, vous savez que c’est votre vie qui est en jeu !

Voilà comment, chers lecteurs, j’imaginais le déroulement d’une corrida pédestre jusqu’à ce que je m’inscrive et participe à celle de Montigny-lès-Metz le 29 septembre dernier. Complètement cinglé ce Rodrunner ? Pas plus qu’un autre. Drogué ? Oui ça c’est pas nouveau !

Le contexte

Corrida Pedestre Montigny

Inscrit à cette course de 13km depuis le mois de juillet, mon objectif était de caler mon allure semi sur l’ensemble de la course sans me laisser emporter par l’ambiance. En effet, mon calendrier automnal étant bien rempli avec 4 courses en un mois, il me fallait définir des priorités et des objectifs précis pour ne pas accumuler trop de fatigue. Après mon 10 km à fond, cette course allait me permettre de valider, ou pas, mon allure semi travaillée pendant près de 8 semaines : 5’15″/km. Certes, une semaine avant, c’est un peu proche de l’objectif mais je me sens en forme et il me suffira de faire une semaine très light avant le semi-marathon de Nancy. De toute manière, les acquis obtenus à  l’entrainement sont là et ce n’est pas la dernière semaine qui y changera quoi que soit.

La veille de la course, je pars donc récupérer mon dossard et mon t-shirt (un de plus à ma collection 2013) et j’en profite pour faire quelques repérages sur le tracé. Comme je m’en doutais, le profil de course est assez plat et la seule difficulté réside en une petite côte un peu casse pattes en toute fin de course. C’est donc confiant que je vais me coucher, non sans avoir préparer mes affaires au préalable. Habitude quand tu nous tiens…

Corrida1

La course

Drriiiing… Réveil ! Sluuurp…. Petit-déjeuner ! Vrouumm… Voiture ! Oui, j’ai une maîtrise en onomatopées… Sidérant n’est-ce pas ?

9 heures tapantes, me voici arrivé sur le site de la course. Le départ étant à 10h, j’ai tout le loisir de m’imprégner de l’ambiance et de tailler le bout de gras avec quelques connaissances. 9h30, il est temps de partir m’échauffer au milieu de runners de plus en plus nombreux. Nous serons un peu plus de 700 à nous aligner au départ du 13km nous annonce le speaker.

Je suis déjà tout à ma concentration quand je rejoins la ligne de départ. Le chronométrage à puce sera pris au départ ET à l’arrivée puisque les deux sont pile au même endroit. J’aurai donc mon temps réel. Une bonne nouvelle.

PAN ! Départ… Je me cale directement à mon allure cible (non sans me retourner vite fait pour voir s’ils n’avaient pas lâché quelques taureaux en furie). L’ambiance de course est très bonne, rires et bonne humeur sont de mise dans le peloton. De plus, le temps est avec nous puisqu’en lieu et place de la pluie annoncée, nous avons un temps frais et ensoleillé. Le premier kilomètre passe, je regarde ma montre 5’10 ». C’est un poil plus rapide que prévu mais le parcours est en légère descente. Je laisse mes jambes travailler, je ne suis pas dans le dur du tout et plutôt à mon aise. C’est de bon augure pour le reste de la course. Je décide de regarder ma montre le moins possible et de me fier à mes sensations. Quand ça monte, je ralentis afin de rester en aisance respiratoire, et quand ça descend je n’accélère pas brutalement. J’essaie de rester à une allure régulière sans être dans le rouge, en relâchant les épaules le plus souvent possible. Les six premiers kilomètres passent lorsque je me décide à regarder ma Garmin.

Allures1Montigny

Au temps global, c’est un peu trop rapide par rapport à mon allure cible. Je décide de ralentir un peu au 7e et de rester sur ce rythme. Je garde le buste droit, le souffle régulier et reste concentré sur ma foulée. Pas question de s’écraser à l’appui. C’est le genre de détails auxquels je fais de plus en plus attention. Ma posture de course doit rester bonne le plus longtemps possible. Je continue d’avaler les kilomètres mais ressens un petit coup de mou aux 10e et 11e, rien de grave cependant. Je me redresse et garde une respiration constante. J’essaie de me « métronomiser ». C’est moins facile à faire en fin de course, je vous le concède. Je regarde à nouveau ma Garmin juste avant d’affronter la côte finale dans le dernier kilomètre.

Allures2 Montigny

Bon ben j’ai été un peu plus rapide que prévu malgré mon petit coup de moins bien. J’avale la côte sans grande difficulté, rien à voir avec celle qui m’attendait lors de mon dernier 10km au Luxembourg. Je finis en accélérant dans le dernier 100m pour un temps officiel de 1h07’09 » (413e/725). J’ai donc tenu une moyenne de 11,7Km/h (5’08″/km) et je suis loin de m’écrouler à l’arrivée tout en ayant l’agréable sensation d’avoir pu tenir encore quelques kilomètres.

Enseignements

A l'arrivée

Les sensations ont été très bonnes, néanmoins sur 21 kilomètres ça ne sera pas la même musique. Il me faudra bien respecter l’allure prévue, SURTOUT au départ pour atteindre mon objectif de 1h50′ !  Ensuite à moi de bien gérer mon effort surtout en deuxième partie de parcours. En tout cas, les jambes et le coeur sont là, preuves d’une préparation bien menée. Advienne que pourra !

J’en profite enfin pour saluer l’organisation de course et féliciter les bénévoles sans qui rien ne serait possible. Ça il ne faut jamais l’oublier ! Durant cette course j’ai été le témoin de l’imbécilité de certains concitoyens automobilistes qui se sont permis d’insulter copieusement des bénévoles chargés de sécuriser le parcours. En passant devant eux, de nombreux runners ont levé la voix, à raison, contre ces matino-dominico-automobilistes idiots, nerveux et impatients.

Bref, qui mieux que Michel Audiard pour  retranscrire ma pensée à ce moment-là et conclure ainsi ce récit de course :

RodRunner