Le semi-marathon de Thionville – Le baptême du feu

Bon la créa de l'affiche c'est pas encore ça !

Bon la créa de l’affiche c’est pas encore ça !

Eh bien voilà on y est, 14 avril, je suis sur la ligne de départ de mon premier semi-marathon, prêt à bondir au coup de feu du starter. C’est aussi à ce moment précis qu’arrive la fameuse question, celle qui s’insinue dans tous les esprits des runners au moment du départ. TOUS ! Oui même vous au fond là. Vais-je atteindre mon objectif aussi modeste soit-il ? J’ai quand même pas encaissé tous ces entraînements, fait tous ces sacrifices, refusé tous ces apéros charcut’-pinard-binouses, mangé « bio » pendant 2 mois pour rien ! Non je ne m’effondrerai pas au 15e km, oui mes jambes refuseront toutes crampes jusqu’à la ligne d’arrivée. Malgré ces pensées positives, le doute est là, sournois. Mais aussitôt que le « PAN! » du départ retentit, on oublie tout pour se concentrer sur sa course. C’est l’heure du combat et les longues semaines d’entraînements  restent sur la ligne de départ…

8 semaines !! 8 semaines d’un plan d’entraînement suivi à la lettre, 8 semaines à courir par tout temps et à rentrer au choix enneigé/mouillé/boueux/transpirant etc… 8 semaines à se demander si le printemps refera un jour son apparition tout en avalant des kilomètres de bitume et de chemins. 8 semaines de bonheur total quoi ! La préparation d’un semi-marathon c’est comme le cocktail surprise d’un Tom Cruise dans le film du même nom. On connait peu ou prou les ingrédients du bazar mais on sait pas trop quel goût ça va avoir : « Hey Tom, tu m’mets deux doses de VMA courte, trois doses d’AS 21, un zeste de fartlek et pis une pincée de fractionné? « . On goûte… « Bon j’ai l’cœur qui s’emballe et ça m’agresse un peu l’estomac ton truc là, rallonge-moi ça avec un peu d’endurance fondamentale steplé! »…

Eh oui, un semi c’est un savant mélange de tout ça. Il faut travailler sa vitesse sur le long terme et être endurant (les jambes et le coeur). Et c’est pas chose facile quand comme moi on a eu l’habitude pendant quelques années de faire des footings à 90-95% FCM ! Un cardiofréquencemètre ? Késsecé ? Donc on se prépare du mieux possible, par tous temps et surtout mentalement. En effet, abandonner à l’entraînement (parce que trop pluvieux, trop froid, trop long, trop ras l’bol!) c’est déjà se donner moins de chance lorsqu’il s’agira d’affronter la douleur sur les derniers kilomètres de l’épreuve sur laquelle on compte tout donner.

C’est dans cet état d’esprit que je suis arrivé à Thionville, une ville au nord de Metz, proche de la frontière avec le Luxembourg pour ceux qui ne connaissent pas la région. Comme d’habitude j’ai récupéré mon dossard la veille avec un t-shirt technique Kalenji très sympa. Je décide d’ailleurs de le porter le lendemain tellement il me plait et semble léger, de plus les prévisions météo annoncent le beau temps. Soyons fou !

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Dès mon arrivée à Thionville, aux environs de 9h30, il fait chaud (15°) et le soleil est bien présent dans un ciel sans nuages. C’est parfait, j’ai passé toutes mes sessions de « training » sous la pluie, la neige, le vent, des températures hivernales et là il fait chaud ! La température va donc être un paramètre sérieux à prendre en considération et il va falloir s’arrêter à tous les ravitaillements pour boire et se « doucher » au gobelet. Je m’échauffe tranquillement non sans m’être badigeonné généreusement l’intérieur des cuisses avec de la vaseline… Un mauvais souvenir du Marseille-Cassis 2009. J’en profite également pour applaudir l’arrivée des premiers du 10 Km partis plus tôt ce matin (Label FFA donc ça va vite). Exactement 33 minutes plus tôt pour le premier ! Un avion de chasse ! Je finis par faire un tour aux toilettes où je croise un kényan attendant tranquillement ton tour.  Admiratif, j’inspecte cet athlète discrètement, autant en profiter à l’arrêt parce que c’est pas pendant la course que je le pourrai. Puis arrive l’heure de rejoindre la ligne de départ. Nous sommes plus de 1000 participants  et c’est un beau succès populaire. L’ambiance est bonne chez les coureurs comme dans le public venu nous supporter.

PAN ! C’est parti. Mon esprit est vide, je ne pense plus qu’à trouver mon rythme. Il me faut absolument tenir sous la barre des 5.30mn/km pour assurer mon objectif qui est de passer sous les 2h. Bien sûr moins de 1h55 serait idéal mais j’y suis pas encore, il me faut gérer au mieux les premiers kilomètres. Le parcours n’a pas de réelle difficulté alors autant trouver un bon rythme de suite. J’avale les 10 premiers kilomètres en 54’15 et tout va bien pour l’instant, je suis dans les temps avec une FC qui oscille entre 86 et 88%. Des postes de ravitaillements ont été rajoutés sur le parcours et vu la chaleur et ces effets sur l’organisme c’est un plus  indéniable. Un grand bravo à l’organisation et aux bénévoles ! J’ai pu faire comme les athlètes à la télé et prendre à chaque fois deux gobelets, un pour en boire deux grosses gorgées et balancer le reste sur mes jambes et l’autre pour me le vider sur la tête sans m’arrêter. Tout dans le style je vous dis !

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C’est au 11e kilomètre que l’on entame le retour et la traversée des villages avec plus de relances à cause de nombreux virages serrés et de légers dénivelés. Mes jambes vont très bien et continuent de mouliner à bonne fréquence, c’est tant mieux. Je regarde mon cardio qui m’indique que ma FC commence à monter (90-91% FCM). J’arrive à la maintenir dans cette zone jusqu’au 15e km. Elle commence à s’emballer juste après, avec la chaleur je ne suis pas aidé, mais mes jambes sont toujours là. Je maintiens une allure proche des 5.25mn/km jusqu’au 17e kilomètre et  continue à doubler pas mal de monde. Je ne me souviens d’ailleurs pas avoir été beaucoup dépassé. C’est une bonne chose. C’est à cet instant que je me retrouve à la hauteur du sosie de  Danny de Vito, une sacrée guest-star. 🙂  Il se met dans ma foulée et ne me lâche plus. Tantôt juste devant, tantôt juste à coté où je l’entends souffler quand nous rencontrons une petite montée. Il remercie de la voix toutes les personnes qui nous encouragent et je me dis qu’il ferait mieux de les saluer de la main et d’économiser son souffle. Nous restons côte à côte pendant un bon moment mais je sens qu’il est dans le dur. Arrive un ravitaillement, lui s’arrête, pas moi. Bye Bye Danny! Je prends mes deux gobelets réglementaires à la volée et hop, douche! 19e kilomètre… C’est dur, je force mes jambes à garder le rythme, elles répondent bien. 20e… J’aborde le dernier kilomètre avec 3 coureurs qui ont le même rythme que moi, nous sommes encouragés par les premiers arrivés « Tenez bon c’est bientôt fini, après le prochain virage, plus que 200 mètres! ». Il est où ce satané virage ? Finalement nous voici dans la dernière ligne droite, galvanisés que nous sommes par les vivats de la foule. J’aperçois pas très loin le chrono officiel qui indique 1h54′ et quelques secondes, je suis aux anges. Je franchis la ligne d’arrivée à la 46 e de ces secondes. Je suis officiellement sous l’heure 55 et semi-marathonien. Je suis ravi.

Intervalles Thionville

Les jambes ont bien répondu et je peux, satisfait, profiter  du beau temps, des animations et des bonnes choses  à boire et à manger proposées par les bénévoles. Encore un grand merci à eux et aux organisateurs pour ce merveilleux moment. 🙂

RodRunner