Les 10km du Saulcy – Un premier état des lieux

Introduisons…

Ca fait bien longtemps que je n’avais pas couché quelques mots sur mon blog pour un compte-rendu de course. Un exercice toujours situé entre la contrainte et le plaisir.
La contrainte de devoir se replonger dans des instants éphémères dont il faut se souvenir pour les faire vivre du mieux possible. Je n’ai d’ailleurs jamais écrit le compte rendu de mon semi-marathon de Paris de 2014 (mon RP sur la distance), je n’avais tout simplement pas envie. D’ailleurs je m’en servirai peut-être pour écrire un futur billet ayant pour thème « le recul ».

Le plaisir d’autre part de se raconter, de poser par écrit un instant éphémère de plaisir ou de douleur, pour soi ou pour les autres. Le plus souvent, je le fais pour moi.

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle j’ai choisi de ne pas supprimer ce blog, de ne pas rendre l’adresse web « rodrunner.fr » de nouveau disponible sur le réseau tentaculaire. Oui car durant cette longue période d’inactivité je suis revenu de temps en temps sur les pages de ce blog. Vous savez comme l’on revient, sourire aux lèvres, sur ces anciennes photos de  classe ou sur le passage d’un film que l’on a aimé il y a des années. Parfois le visionnage d’un extrait, de quelques photos vous donne envie de revoir le film dans son intégralité, de recontacter des amis pour parler du bon vieux temps devant une bonne binouze.

C’est un peu ce qui s’est passé ces derniers temps. On surfe sur la toile, on voit des copains qui courent sur facebook, on parcourt de nouveau les blogs running, on trouve des blogueurs qui ne courent plus, des blogueurs qui courent mais qui ne bloguent plus, des blogueurs qui courent et bloguent, des blogueurs qui couchent plus de hashtags que de contenus…

On retrouve peu à peu l’envie, malgré la pluie, les amplitudes horaires dantesques du travailleur frontalier que je suis… Et tel un album souvenir on parcourt les anciennes pages de son blog et on se remémore ces bons moments passés sur les courses officielles, les entrainements parfois difficiles, les échanges avec la communauté running, la fréquence cardiaque de 51 au repos, le footing en EF 72%FCM  à 5mn50/km….

Puis on fait le constat de la forme actuelle… Implacable:

– Essoufflement au bout de 15mn de course + apoplexie proche
– FC au repos de 172bpm
– 10 kg de plus sur la balance (plus précisément au niveau du ventre)
– EF 72% FCM ? En dormant OK !
– Contractures et démarche de canard :  » Autrui : T’as fait un marathon ? Moi : – Non j’ai couru 3 bornes pourquoi ? Autrui : – Non, non pour rien…« 

Bref, tout ça pour vous dire que la motivation est revenue depuis quelques mois et les sorties se font beaucoup plus régulières depuis 3 mois. Le plaisir de courir est de nouveau là et l’envie d’accrocher un nouveau dossard également. Ainsi…

La course du Saulcy

Ce premier dossard épinglé depuis belle lurette sera donc celui des Boucles du Saulcy. Une course de 10km au coeur de l’université de Metz. Une toute première édition organisée par les étudiants messins.

Affiche les-boucles-du-saulcyAyant repris la CAP de manière plus régulière ces derniers mois (essentiellement en EF et sans plan), je m’inscris donc à cette course histoire de me jauger. Bien entendu, je sais que je vais suer sang et eau, souffrir comme jamais sur un 10km… Mais je m’en fous, j’y vais ! J’ai besoin de savoir où mon corps m’emmènera, et surtout s’il est de nouveau capable d’encaisser un 10km à 88-90% FCM voire plus.

C’est donc le jeudi 5 mai à 7h que le réveil sonne. Après un bon petit-déj’ , c’est le départ pour la course.

J’arrive sur les lieux à 9H, le départ étant donné à 10h cela me laisse le temps de parcourir le site, de récupérer mon dossard et surtout de m’imprégner de l’ambiance. Ils savent y faire les étudiants messins. On a pas l’impression d’être à la première édition de cette course. Des animations prennent place ça et là, de la musique retentit, des runners aux mines enjouées trottinent de toute part… Tout est prêt pour passer un bon moment.

le retrait des dossards

La pression monte au départ

IMG_3139L’heure du départ approchant je m’échauffe avant de rejoindre l’arche où je retrouve des copains devenus eux aussi addicts au running. On discute du parcours, assez plat, sur un terrain majoritairement souple, comprenant une boucle a faire quatre fois. Le temps ensuite d’échanger sur ce que chacun devenait, les prochaines courses au programme et le départ est lancé. D’ailleurs, petit aparté à destination des organisateurs : ( – susurrement : « On a pas vraiment entendu/compris ce que disait le speaker avant le départ. Les enceintes n’étant probablement pas assez puissantes ou alors le micro était tout fatigué ou alors le speaker avait avalé un ballon d’hélium. »).

Qu’importe, la course est lancée, et en mon for intérieur je prie pour tenir. La chaleur est déjà bien présente et je ressens déjà une douleur au niveau du mollet gauche (un truc que je traine depuis une séance où j’avais mis du rythme). C’est donc mal barré. Je consulte ma Garmin, mon allure est à 5.30mn/km ! C’est sûr, je ne tiendrai jamais cette cadence jusqu’au bout. J’essaie de me caler sur un rythme moins élévé. Mais c’est du grand n’importe quoi. ma gestion de début de course est tout simplement inexistante. Advienne que pourra comme on dit.

Les kilomCapture d’écran 2016-05-16 à 16.45.54ètres défilent, et passer plusieurs fois devant le sas d’arrivée, alors que la fatigue se fait sentir, est moralement difficile. Mon allure quant à elle ne cesse de diminuer. Logiquement, inexorablement… Autre coup dur, au 6e km, les premiers me dépassent, que dis-je « me dépassent », me « laissent sur place » est l’expression la plus juste ! Mais c’est là toute la beauté de la course à pied, on reste admiratif devant ces belles foulées qui, paradoxalement, nous motivent à relancer la machine au lieu de nous démoraliser.

C’est donc dans un grognement instinctif que je franchis la ligne d’arrivée au bout d’1H04 d’effort ! Mon 10KM le plus lent jamais couru. Il est loin le Semi-Marathon de Paris 2014 couru à 5mn11/km de moyenne. Très loin… Mais bon rien de plus normal après tant de temps sans courir. Tiens, j’ai encore une anecdote post-course. On s’est tous retrouvés à comparer le kilométrage de la course. Que ce soit sur montres GPS ou sur smartphones, personne n’affichait 10 km. Ca naviguait plutôt entre 11-11,5 kilomètres. Chipotage me direz-vous, mais pour ceux qui cherchent à réaliser un chrono c’est pas évident…

Le bilan

Bon, il est pas glorieux mais j’en retire tout de même de la satisfaction. J’ai pu courir 10km en condition compétition sans rendre l’âme. Je sais où j’en suis et le travail qui me reste à accomplir pour retrouver un petit niveau qui me permettra d’atteindre des objectifs chronos. Mais surtout, le plaisir était au rendez-vous.

C’était une belle course, et j’en profite pour remercier de nouveaux les organisateurs. Vous avez fait un super boulot ! Vous pouvez compter sur la présence de ma carcasse lente et errante l’année prochaine.

Et je pique la phrase de mon pote Bertrand (en bleu sur la photo ci-dessous) en guise de conclusion…

« Et au finish… La bonne ambiance ! « 

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