Luxembourg : Un 10km sans économie

 Il n’y a pas que le PIB dans la vie, il y a aussi… le PIB !

Oui, le Luxembourg est le pays qui possède le PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant le plus élevé de la planète juste devant la Norvège et le Qatar. Bon si vous ne savez pas ce qu’est un PIB, je vous invite à vous rendre sur la page wiki. Il n’est en effet pas question pour moi de vous donner un cours d’économie. Même si dans ma grande mansuétude je vous en donne une définition rapide en image ci-dessous. Et après on n’en parle plus hein? On est ici pour parler de course à pied nom de Zeus !

Economie définition

Alors vous vous dites surement  – Ouii il nous a parlé de Produit Intérieur Brut, super mais où veut-il en venir ?  Et vous avez totalement raison chers lecteurs ! Où veux-je en venir avec mon « Y a pas que le PIB y a aussi le PIB….blablabla  » ? Le premier PIB auquel je fais allusion, je vous en ai déjà parlé. Le deuxième, quant à lui, est plutôt personnel mais propre à tous les runners, le Plaisir Intérieur Brut ! Le lien est fait, et même si vous pensiez jusqu’à présent que les deux PIB n’ont rien en commun ils sont en fait très proches. Et vous allez le découvrir au cours de mon récit car, il est désormais temps de vous narrer mon aventure en terre luxembourgeoise.

Le 10 km Lux-Airport Escher Kulturlaf c’est quoi ?

Ce sont deux courses, une de 10km et une de 10 miles (16km),  qui se déroulent au coeur de Esch-sur-Alzette, la deuxième ville du Luxembourg. Une petite vidéo de présentation par 7minutesTV, notre WebTv locale adorée :


Escher Kulturlaf 2012 – Teaser par 7minutestv

A la fin du mois de juin 2013 et suite à mes deux échecs successifs en terme de chrono sur 10km (objectif – de 50′) je décide d’inscrire cette course à mon calendrier. Elle réunit plusieurs avantages, elle n’est pas très loin de chez moi, le parcours est assez roulant même si on parle d’une fameuse « dernière côte » et, SURTOUT, la présence de capteurs chronométriques au départ, au 10e kilo et à la fin (la distance réelle est de 10,9km). Le temps réel est donc pris en compte sur la distance cible, un fait assez rare sur les courses de ma région.

Arnaud, un ami, décide de s’aligner avec moi sur cette course. Il épinglera ainsi son premier dossard de jeune runner. Il en profitera pour « challenger » son ami Cédric qui n’avait, jusqu’alors, jamais pris part à une course et dont il pensait le niveau bien inférieur. C’est également une première pour moi, car c’est la toute première fois que je ne m’aligne pas seul sur une course et ça au niveau du Plaisir Intérieur Brut croyez-moi ça fait un bien fou !

L’avant-course

TshirtLux

Le jour J, je passe récupérer mon dossard et ô joie, on me donne un sac bien garni. J’y trouve un T-Shirt technique, quelques docs publicitaires, une petite bouteille de crémant du Luxembourg et  un mystérieux coupon numéroté. Je rejoins ensuite Arnaud et Cédric, qui a relevé le « challenge », à la dépose des sacs. Nous nous saluons chaleureusement, tout heureux de partager cette belle aventure. Je fais également la connaissance de Guillaume, un ami à eux, venu en tant que supporter.

Après les présentations d’usage, je balaie la salle du regard et remarque une table affichant quelques lots. Je m’approche et constate que j’ai remporté l’un d’entre eux grâce au mystérieux coupon trouvé dans mon sac. Nous verrons cela après la course.

Une fois bien équipés nous partons nous échauffer. La météo est  fraîche et humide, il est donc primordial de bien préparer nos muscles pour leur donner chaleur et élasticité. Il y a du monde ! L’an dernier cette course à réuni près de 1500 concurrents, cette année nous sommes pas loin de 2000, une belle inflation.  Il est désormais temps de rejoindre le sas de départ.

Runners

La course

Bien installés dans le ventre mou du peloton (les deux distances partent en même temps), nous attendons le départ. Je me repasse en tête l’allure à tenir pour franchir la barre des 50′. Je choisis de partir à une allure de 4.55min/km sur les premiers kilomètres afin d’en garder sous le pied pour pouvoir terminer en 4’50 voire 4’45 après la fameuse dernière côte. Je suis on ne peut plus prêt pour réaliser un bon chrono. Je vérifie mon dossard et j’entends le court décompte avant le départ. Je souhaite bonne chance à mes camarades et je m’élance.

J’attends de passer sous l’arche de départ avant de déclencher ma Garmin. Clic… C’est bon. En avant !!!… Ah mais avancez là! Poussez-vous, pardon !  Rien n’y fait, je suis irrémédiablement coincé dans une masse de coureurs. Un des paramètres que je n’avais pas pris en compte était l’étroitesse du début du parcours, une sorte de « tunnel » sans aucune issue de secours, fermé des deux côtés. Je piétine, 50m, 100m, 200m... Ça commence à faire long et sur ma Garmin je vois les secondes défiler et s’afficher une allure digne d’une sortie EF à cloche-pied. Je regarde à gauche ou à droite, pas d’échappatoire, je rage intérieurement. J’entends des « Scheiße ! » qui signifient que je ne suis pas le seul à pester contre ce blocage des flux. Finalement, après quelques centaines de mètres, je peux lancer les jambes, mais trop tard, la sanction tombe. J’ai parcouru ce premier kilo en 5’55 soit une minute de plus que ce que j’avais prévu. Et cette minute là, il va falloir la rattraper. Facile vous vous dites, c’est rien que 6 secondes au kilo, tout au plus. D’accord, sauf que pour moi courir à 4’55  avec une bonne gestion de course, et courir entre 4’45 et 4’50 dans le dur dès le 2e km c’est une toute autre histoire ! Je vais vite sentir la différence.

Mais de toute façon je n’ai plus le choix, je suis dans l’obligation de tout donner si je veux atteindre mon objectif. Cela va être difficile, surtout de se relancer après un premier kilo aussi lent. Le deuxième est une succession de zigzags qui cassent le rythme mais je peux enfin doubler. Je tarde à me caler au bon rythme, je ne le trouverai qu’à la fin du 3e kilomètre mais je ne perds pas encore espoir. Un passage en plein centre-ville avec les encouragements du public me donne des ailes.

Capture d’écran 2013-09-10 à 18.08.50

Je passe les 5 premiers kilomètres en 25’26 », je me dis que c’est jouable mais que la fin risque d’être très éprouvante. Il me faut rattraper 30 secondes sur la fin de parcours avec sa petite côte. J’ai plutôt intérêt à rester dans le dur mais sans forcer. Je poursuis donc les efforts et mon investissement est réel. Je me ravitaille au 6e, relance mais me retrouve face à ceci :

Capture d’écran 2013-09-10 à 18.35.45

Ceci, chers lecteurs, représente la fin de mes illusions, le juge de paix, la main invisible qui, irrémédiablement, me tire en arrière et fait baisser mon allure à partir du 8è kilomètre. C’en est terminé de mon Record Personnel, je ne le battrai pas sur cette course. Hélas… Je profite néanmoins de la descente avant le 10e (bouclé en 50’35 ») pour relancer un peu la machine et finir honorablement la course en 55’25 (temps officiel). Bon, je vous passe les détails sur le nombre de coureurs qui n’ont pas fait l’économie d’une marche sur la dernière difficulté.

Capture d’écran 2013-09-10 à 18.53.39

Je me classe donc 206e/905 participants.  Mes deux partenaires quant à eux finissent en 57’32 pour Cédric et 1h02′ tout pile pour Arnaud qui se fait donc battre. Ça va chambrer sec ! Un grand bravo à eux !

Un p’tit mot d’la fin ?

Une très belle course malgré la déception du départ qui gâche tout. Mais ceci est déjà digéré à l’heure où j’écris ces lignes. J’ai déjà en tête mon prochain objectif ; améliorer mon RP sur semi-marathon à Nancy le 6 octobre prochain. Vous allez surement me taxer de chasseur de RP et vous avez bien raison car vous savez quoi ? Je kiffe le Plaisir Intérieur Brut et sur cette course j’en ai pris un maximum !

RodRunner

PS : Sinon pour le cours d’économie moisi distillé à travers ce récit, c’est cadeau hein !