Semi-Marathon du Grand Nancy, un RP dans la douleur.

SemiNancyVoilà, je vous présente enfin mon dernier grand objectif de l’année 2013. Celui pour lequel j’ai suivi un plan de 8 semaines. J’ai dégusté de la séance VMA en veux-tu en voilà, je me suis baffré de sorties longues dominicales, j’ai englouti de la séance au seuil à foison… Bref, je me suis bien préparé afin d’atteindre mon objectif chrono de 1H50′ et battre mon record personnel par la même occasion.

Le semi-marathon de Nancy est le deuxième de ma jeune carrière de runner et je porte de grands espoirs en lui même s’il y a une chose que j’apprends avec l’expérience acquise course apres course : rien n’est jamais gagné d’avance ! Et je vais en avoir l’implacable exemple durant cette course.

L’avant-course

Rien de particulier. Ma fin de plan se déroule bien avec le 13 kilomètres de Montigny-lès-Metz qui me permet de valider mon allure cible (5’15″/km), et une dernière semaine très légère en terme de kilométrage et d’efforts. Je sais que je vais arriver relativement frais sur la ligne de départ de ce semi.

Je choisis, contrairement à mes habitudes, de récupérer mon dossard le matin de la course. Nancy étant à 50 km de chez moi, je préfère faire des économies de carburant. Eh oui c’est la crise ma bonne dame ! Néanmoins mes affaires sont prêtes la veille au soir. Je ne fais pas le sacrifice de ce rituel.

La course

Arrivé sur place aux alentours de 9h, je file récupérer mon dossard et le tee-shirt de la course. Ce dernier est l’un des plus beaux que j’ai pu recevoir. D’ailleurs il me vient l’idée de vous faire prochainement un classement de mes t-shirts 2013 mon « Top3 » et mon « Moches3 » 2013. Ça va être drôle.

T-shirt et dossard

Il y a du monde, près de 2400 coureurs s’alignent au départ de la course dont le célèbre Bob Tahri, que je croise d’ailleurs pendant mon échauffement. Je peste de ne pas avoir mon Iphone sur moi à ce moment-là pour tenter un « M’sieur Tahri, je suis un de vos plus grands fans! Je peux vous prendre en photo? ». Ce à quoi il aurait répondu tout de go « Hey salut RodRunner! Comment ksé ? J’te lis régulièrement, t’es une source d’inspiration pour moi. Faut se soutenir entre messins ». Oui bon, j’exagère un peu. C’est vrai que les deux seuls points communs entre Bob et moi sont la course à pied et la ville de Metz. Sinon, lui il court à 20km/h et moi à…perdre haleine. Bref, un athlète incroyable que je vous invite à découvrir via ce petit reportage d’Intérieur Sport si vous ne le connaissez pas. Pour info il finira 3e en 1h03’38 » !

depart semi nancy

Mais revenons à nos moutons.

Le départ de la course est donné. C’est parti ! Je vois l’oriflamme du meneur d’allure 1h50 à une centaine de mètres devant moi mais je n’essaye pas de le rattraper. Si tout va bien il devrait rester pas très loin de moi durant toute la course, pas la peine donc de lui coller au train. Niveau équipement ma Garmin met un temps fou à accrocher un satellite et affiche une allure aberrante, 17mn/km, pendant le premier kilomètre. Les satellites me disent en fait que je suis en train de faire mon semi en moonwalk. C’est donc un début de course qui se déroule dans le flou le plus total. Je passe le panneau du kilomètre 1, mais ma Garmin annonce que j’ai fait à peine 600 mètres alors que je l’ai enclenchée en passant sous l’arche de départ. Je décide donc de toper le 2e kilomètre manuellement puis tout rentre dans l’ordre. Je peux enfin me concentrer sur ma course.

L’ambiance est très bonne et les conditions météo également (13°C pas de pluie). Je me fais interpeller par un coureur qui me reconnait. Il a participé lui aussi à la corrida pédestre de Montigny la semaine précédente. Nous échangeons quelques mots puis il me dépasse au train. Nous nous souhaitons mutuellement une bonne course.

Tout va bien de mon côté. Malgré un profil de parcours un peu « cassant » avec de nombreux faux-plats montants et de nombreuses petites côtes, je tiens mon allure cible et passe les 10 premiers kilomètres en 52’27, soit 5’14″/km. Un vrai métronome. Néanmoins, je ne le sais pas encore mais les ennuis vont commencer.

En effet, après le 12e kilomètre je sens une douleur au niveau du tendon de la cheville gauche. Lorsque je suis en appui sur ce pied ça commence à faire mal. Intérieurement et tout en colère, je pense « Evidemment, fallait que ça arrive maintenant ! ». Je ne ralentis tout de même pas trop et j’essaye de trouver le bon compromis entre gestion de la douleur et objectif chrono. En général, on sait tous qui l’emporte, mais je me dis que ça peut tenir. Je ne veux absolument pas marcher, même si l’idée parait de plus en plus séduisante au fur et à mesure des kilomètres.

15, 16, 17… Les kilomètres défilent et j’ai perdu de vue le meneur d’allure 1h50 depuis un bon moment. J’ai une foulée un brin claudiquante mais je gère la douleur et je m’accroche. Les muscles sont chauds, c’est supportable.
Je pense alors que toute amélioration du record personnel est à ranger au placard jusqu’à mon prochain semi, celui de Paris en mars prochain.

Allures semi

C’est au passage du 18e kilomètre que je vois que tout n’est pas perdu. Après un rapide calcul avec ce qu’il me reste de lucidité, je me rends compte que j’ai une avance de quelques secondes sur mon meilleur chrono. Dans un grognement instinctif je relance la machine (ça tire un peu quand même) pour ne pas perdre cette avance. Je m’imagine relancer avec style mais en fait je ressemble à rien. Les derniers kilomètres sont très éprouvants et j’ai l’impression que je ne verrai jamais la fin de cette satanée course. L’arrivée dans le centre-ville de Nancy me fait grand bien car le public est là avec ses encouragements. « J’accélère » dans les derniers mètres pour franchir la ligne en 1h54’07 » (temps réel). Je bats mon RP de 39 secondes.

J’aurais bien voulu lui mettre plus de minutes dans la face à ce record, mais vu les conditions de course je me contente de ces quelques secondes. Et puis « tout record est bon à prendre » comme me l’a si bien précisé Bernard.

Maintenant, repos, récupération et soin du tendon jusqu’à ma prochaine course : le marathon de Metz en relais le 13 octobre prochain.

RodRunner